Les Tharus

Le Teraï

« Téraï signifie « terre humide », car c’est une terre d’alluvions formant le piémont de la grande plaine fertile du Gange. Teraï est surtout fréquenté pour le parc national de Chitwan. Il est le lieu de naissance de Bouddha et Janakpur est un important site de pèlerinage. C’est à Ilam « la Reine des Collines » que sont récoltées ces fameuses feuilles de thé » source: Guide Du Routard

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C’est donc avec mon paquetage et une certaine excitation que je me réveille à 5h du matin pour prendre le premier bus vers 6h30 à Katmandou. Je dois longer le Teraï et rejoindre le parc national de Bardiya, au sud Ouest du Népal où je compte rester 3-4 jours. J’aimerai profiter de sa biodiversité et pouvoir rencontrer l’ethnie Tharu.Il faut savoir qu’il faut au moins 16-17h de Bus de la capitale (sans compter les nombreux imprévus), pour pouvoir arriver dans cette magnifique réserve qui est ni plus ni moins des anciens territoires de chasse de la famille royale Népalaise.

Rhinocéros Unicorne, Tigres du Bengale, Éléphants, Léopards sont donc « les quelques » animaux que l’on peut observer (avec un peu de chance) lors d’un safari.

Finalement c’est après une vingtaine d’heures de bus locaux cumulées que j’arrive à 20h à la lisière de la réserve. Le trajet fut mené par l’organisation bien huilée « népalaise »,  ponctué de changements d’itinéraires, de barrages militaires, haltes incessantes au bord de la route pour récupérer des marchandises en tout genre.

J’ai eu un sourire en coin à la vue d’une chèvre se reposer sur les sacs en toile de jute contenant surement récoltes agricoles, dans l’allée centrale du bus, où s’entassaient valises, sacs de provisions, enfants, paysans, étudiants et moi même, l’unique « voyageur » sur cet itinéraire.

Le guide du Routard m’a été utile car arrivé sur place, je n’avais rien réservé comme logement. Je m’étais dis avant de partir que je partais à l’aventure donc je pris un des premiers conseillé sur leur liste; « Bardiya Wild Resort Paradise ».

Havre de paix dont j’ai eu le plaisir de découvrir que le lendemain matin, tant le trajet pour arriver à Bardya fût « épique » et la fatigue, l’envie de me reposer bref le sommeil dominèrent ma curiosité d’en connaître plus sur les lieux.

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Bardiya

Au petit matin, le soleil agite timidement ses premiers rayons sur le sol de la chambre, je me dégage des bras de Morphée ou plutôt de la moustiquaire suspendu au dessus du lit, j’ouvre la porte grinçante en bois et je prends enfin conscience de la beauté de l’endroit où j’ai pu passer la nuit. J’ai dormis dans des éco-lodges au style traditionnel Tharu donnant sur un jardin où est associé légumes et multitudes de plantes tropicales, des fleurs attirent les abeilles qui viennent butiner le nectar. Au loin je vois des hamacs suspendus à de grands arbres, puis j’aperçois au centre du jardin, une rotonde en bois accessible par un petit chemin en pierres. 

Bardia Wildlife Resort porte bien son surnom « Paradise »

Je me dirige vers le grand bâtiment qui fait office de salle à manger, de salle de repos et/ou de rencontres pour y retrouver Kasab un jeune guide Brahman, bilingue à l’humour subtile afin de prendre mon petit déjeuner. J’ai oublié de mentionner que la veille alors que la nuit tombait, Kasab m’a récupéré à moto sur la route en terre avec mes sacs à dos, je ne trouvais pas le domaine et j’ai du me démener auprès des locaux pour pouvoir joindre le secrétariat du Resort.

Kasab m’expose les activités et services qu’ils proposent (Jeep Safari, Éléphant Safari etc…) J’opte pour le « Jungle Trek ». C’est donc avec lui que je pars à pieds pour la journée dans le parc national de Bardia, traversant rivière, brousse et jungle à la recherche du Tigre.

 

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Tharus

C’était un but de mon voyage et une continuité personnelle de vouloir rencontrer ce peuple indigène du Népal. Après avoir vécu mon expérience au sein des communautés indiennes Wiwa et Kogui en Colombie. Rencontrer cette autre ethnie fut fabuleux. Outre le fait que les Tharus sont considérés comme les premiers habitants du Népal, croyant aux esprits de la nature et autres divinités. J’avais lu également sur eux, que leurs femmes ont une position sociale particulière et importante dans un pays où, justement, c’est un sujet sensible. Elles ont une certaines influence au sein de leur communauté et peuvent jouir des droits de propriétés.

Je voulais donc voir de mes propres yeux, sans voyeurisme et avec respect leur mode de vie.

Kasab m’a généreusement dessiné un plan des différents villages Tharus à visiter, que je prendrais soins de ne pas suivre. Je prends en selle la bicyclette emprunté au Resort et me voilà partis sous la chaleur, sillonner Bardyia sur les chemins sablonneux, armé de mon appareil photo et de mon polaroïd qui à ma grande surprise s’avéra comme un « passeport » ou « droit d’entrée » dans leur univers. Ce que j’ai pu remarqué est l’importance et la dépendance à l’agriculture, de leur bêtes ; buffles et volailles, ainsi que leurs belles maisons, fabriquées de bambou et de glaise avec toit en chaume. J’ai cette impression qu’ils vivent en autarcie et malgré la grande pauvreté qui subsiste, je ressens une ambiance heureuse, franche et chaleureuse dans les diverses villages que je peux traverser.

D’ailleurs c’est avec cette anecdote que je terminerais cet article.

Alors que je traverse un de leurs villages, un groupe de jeunes femmes me fait signe de venir les rejoindre. C’est alors qu’un échange particulier mais rempli d’humanité entre deux ethnies indigènes (moi même et elle) s’engagea autour des mes appareils photos, sur la base du langage des signes, de mimes et quelques bribes de mots anglais. Les femmes Tharus portent une légende qui serait celle des « Princesses de la Forêt » et ont la réputation de bien s’apprêter, de prendre soin d’elles mêmes, de porter des longues robes toutes aussi belles les unes des autres. Elles sont « artistes » avec un savoir-faire ancestral, fabriquant leurs propres textiles et bijoux, travaillant la terre et l’argile ou encore la peinture murale. Je les ai vu aussi beaucoup aux champs, qui n’est autre que leur labeur quotidien.

Et nous y sommes, la raison de leurs appels, de leurs sourires voire d’éclats de rires pour me faire venir à elles. Ce sont des femmes au charme indéniable, à la beauté naturelle qui ne laisserait pas de marbre même un garde royal britannique….Je n’ai donc pu décliner leur offre d’invitation et c’est avec un plaisir et fierté que je pris part à leur souhait, celui d’être leur photographe particulier pour une petite heure.

♥-Rodrigo-♥