• Sommaire
  1. L’Elfe
  2. Phakgil
  3. Portrait
  4. Coups de cœur

I/L’Elfe

2014, je recherchais une destination féerique dans mes pensées, je me disais que l’Irlande m’avait bien plu mais pourquoi ne pas faire l’Ecosse cette fois ci et ses châteaux? Ses Highlands? Puis je me suis souvenu brutalement que plus au Nord, il y a cette île hors du commun: l’Islande!

Terre volcanique, Terre des elfes et Terre des Vikings!

Malheureusement, maintenant c’est une destination très prisée pour touristes cherchant des sensations fortes. C’est sûr que l’Islande offre multitudes d’activités autour des geysers, des Hot-spots, des cascades, plages de sable noir et bien sûr des volcans et glaciers. 

Ce qui dénature ce que je suis venu cherché à l’époque, « le silence et l’hostilité chaleureuse ».

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Street Art d’un Salon de Thé à Reykjavik

Avec ces 300.000 âmes recouvrant cette terre insulaire dont 1/3 d’elles vivant dans la Capitale la plus septentrionale au monde, l’isolement est donc un art de vivre. Mais en sillonnant les rues de Reykjavik, tu y trouveras chaleur dans les petites boutiques qui ne laisseront pas insensibles les amateurs d’artisanats nordiques et vintages. Elles sont colorées, typiquement décorées sous le style scandinave et une halte aux bars ou salons de thé te charmera dès ton arrivée dans cette ville. 

J’étais donc partis pour une belle aventure au pays des Elfes, sur la côte sud par la Route N°1, la principale route d’Islande. Elle fait le tour du pays en suivant grossièrement le littoral.  Avec pour objectif de rejoindre le sublime lagon Jokursarlon, en passant par Vik, tout en faisant un croché incontournable par le Golden Circle. C’était donc le programme initial.

          Golden Circle:

  • Le parc national de Þingvellir : site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Gullfoss « la chute d’or » est l’une des plus belles cascades d’Islande
  • Geysir & Strokkur deux fabuleux geysers dans une zone où l’odeur du souffre et les fumerolles te marqueront.

-♥

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Fumerolles et Phénomènes Volcaniques à Hvergardi

Je pourrais continuer à te décrire mon aventure en terre Viking et te conter mes impressions à la vue de ces phénomènes thermiques-géologiques, mon ressentis au volant de la voiture de location longeant les volcans et paysages lunaires, les nuits aux pieds des cascades, se transformant en berceuse délicieuse, au chaud dans mon sac de couchage, puis réveillé au petit matin par les moutons qui frôlent la toile de tente, broutant l’herbe fraîche. 

Mais l’Islande tout comme la Nouvelle Zélande sûrement, ne se raconte pas, elle se vit pleinement donc je ferais abstraction des multitudes chutes d’eaux plus belles les unes que les autres, formant avec un prisme de lumière, un arc en ciel. Je ne dirais pas non plus cette espérance quand tu ouvres les yeux chaque matin, que cette fois çi le soleil ne se couche pas trop tôt pour profiter au maximum des piscines naturelles à une température constante de 38°c, régulées par le réseau volcanique. Enfin j’oublierais de mentionner le chant des icebergs de Jokursarlon et les phoques sortant leur tête, nous observant et nous taquinant en replongeant aussi tôt à la vue d’un objectif, les no-mans land de magma refroidi recouvert de mousse verte, ou les monts colorés du Landmannalaugar.

-♥


 II/Phakgil

•Dans les méandres de Phakgil

J’étais à Vik, cette petite bourgade de 300 âmes, surplombée de falaises qui plongent dans la mer, adaptées pour la nidification des Macareux Moines, à peine plus lourds qu’une canette de soda.

Cet endroit est aussi le plus au sud de l’Islande mais soyons clairs, c’est aussi le plus pluvieux. C’est une « ville importante » pour les islandais car elle centralise tous les services et commerces du coin dans un rayon de 70km. Mais elle reste vulnérable dû fait de son isolement et de sa particularité géographique, en effet elle est sous la menace constante de plusieurs volcans comme celui du sous glaciaire « Katla » et du tristement célèbre Eyjafjallajökull, qui l’avait paralysé avec ses pluies de cendres, lors de son éruption en 2010.

Je consulta mon routard, mon guide Michelin, ma carte routière afin de connaitre les activités, les points de vues et les particularités de la zone, la description d’un point précis à quelques 20km de Vik m’avait retenu l’attention pour passer la nuit : le camping de Þakgil

Ce fut les kilomètres les plus longs de mon existence…

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https://photographylife.com/

Les 14 km qui me séparaient de la route N°1 du camping fut un calvaire, j’étais pris dans ma citadine aux prémices d’une tempête Islandaise. Essayant tant bien que mal à maîtriser le volant sur ce chemin sinueux couvert de nids de poules, où je sentais à chaque mètres les roues se dérobaient sous les cailloux. Mais je retiens également que je traversa des paysages grandioses, surprenants voir inquiétants, entouré de rochers volcaniques te regardant d’un air effrayant. Quand j’aperçu à travers un nuage de brume qui se dissipa par une rafale,  une large baie glaciaire-volcanique à te couper le souffle. Puis je me re-concentra sur le chemin, je regarda sur mon tableau de bord les nombres de kilomètres parcourus, me remémorant le panneau de signalisation au bord de la route N°1 qui indiquait le camping à 14 km, puis je continua à monter et descendre, éviter, manœuvrer, freiner sans aucune visibilité.

2h plus tard, j’arriva avec soulagement au camping.


•La tasse de café et la 4X4 Noire

Phakgil-Camping

Le cirque volcanique de Phakgil

Un bref tour d’horizon du regard et je m’approcha des chalets du camping prudemment. Toutes les lumières des cabanons étaient allumées, j’actionnais les poignées en espérant d’en avoir un ouvert pour la nuit, peine perdue. Celui du gardien m’intrigua, la lumière était ouverte, une petite trappe faisant office de fenêtre également, un manteau accroché à une patère, une cafetière à moitié vide, une tasse de café à moitié remplie sur la table, tout semblait s’être figé dans le temps comme s’il s’était passé quelque chose avant mon arrivé. Le bruit d’une grosse turbine et un vieux tracteur orange abandonné au loin continua à mettre une ambiance pesante. Je leva les yeux et je compris que le bruit prenait de l’ampleur dû à la topographie du site. J’étais arrivé dans un cirque volcanique, me sentant observé par les petites pierres posées délicatement sur les sommets, formant étrangement des figurines d’elfes, enfin plutôt des trolls effrayant à casques pointes de Vikings. Je n’étais vraiment pas rassuré. Ma soupe en sachet au réchaud terminée, je me précipita dans ma tente pour dormir, pressé d’être le lendemain pour repartir de cet endroit, toujours avec un œil ouvert, une oreille tendue et l’opinel sous la main.

Vers 21h30, le vent doubla d’intensité sur la toile de tente et je commença à m’assoupir sous le poids de la fatigue et de la concentration puisée sur la route. C’est alors que j’entendis au loin le bruit d’un moteur se rapprochant. Par une petite interstice de la tente, j’observa cette grosse 4×4 noire inquiétante. Une silhouette sortit de la voiture, laissant une autre personne à l’intérieur, un grand gaillard aux pas nonchalant s’approcha de ma tente mais continua son chemin vers la cabine du gardien. Je me décida avec courage de rejoindre cet homme, cachant mon opinel dans ma poche, visiblement je manquais de lucidité. Je fis rencontre à cet instant avec Atle sur le pas de la porte de ce cabanon, quelques échanges en anglais lui expliquant qu’il n’y avait personne malgré les lumières allumées, il retourna dans sa 4×4 et je continua à observer ses agissements puis finalement, s’arrêta à 20m de la mienne, pour planter sa tente à l’aide de la deuxième personne, Ingeborg que je rencontra le lendemain matin. J’ai pu enfin dormir, rassuré par la compagnie de ces inconnus.


III/Portrait

•Atle & Ingeborg

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Bonneville Salt Flats – USA

Je me réveilla finalement après une belle nuit récupératrice. Dans mon bouquin il était écrit qu’il y avait une belle petite randonnée à faire avec un peu de dénivelé où le clou du spectacle était un panorama sur la baie glaciaire. J’étais donc décidais à la faire malgré le temps pluvieux. Je pris mon petit déjeuner et remarqua que les étrangers étaient également réveillés, je vis l’un deux s’approchait, une brosse à dent à la main, j’avais oublié que j’avais planté ma tente entre le chalet du gardien et des sanitaires…C’était une très belle femme, châtain aux yeux bleus flamboyants, l’air apaisée et bienveillante, on se dit simplement « Good Morning » puis je retourna à mon activité principale, le rangement de mon packtage. Sac à dos, tente repliée, je mis le tout dans le coffre prêt à partir pour ce point de vue. C’est à ce moment là que j’aperçu qu’un de mes pneus était crevé, stupeur! J’avais roulé tout ce temps avec une roue en moins sur ce styx larvaire! Je compris enfin une des raisons de ma difficulté à conduire! Ingeborg s’approcha, surprise surement par mes réactions puis demanda à son compagnon de venir m’aider dans une langue nordique inconnue. Atle arriva avec son appareil photo à la main qu’il donna à sa femme, puis on s’attela à changer la roue sous l’objectif de Ingeborg (à partir d’1min 40 sur leur video çi dessous). Une brève présentation, ils sont Norvégiens, des remerciements, des questionnements sur le garage le plus proche, je leur dis que j’étais surpris de les voir ici et raconta mon aventure. Ils me montrèrent leur voiture me disant qu’il n’avait pas eu de problèmes techniques avouant tout de même que le chemin était difficilement praticable. Mais que la motivation de leur venue sur ce site,était sa réputation pour les plans photographiques. On se quitta, ils me dépassèrent avec facilité à bord de la 4X4 et moi au volant de ma Kia, je comptais déjà les kilomètres et les heures pour le retour, avec ma roue de secours, la suppliant de ne pas me lâcher.


•Surprise au garage « Viking »

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Départ de Phakgil

Finalement le retour fut moins pénible, je mis 30 minutes de moins et je pris la route N°1 pour retourner à Vik afin de trouver le premier garage ouvert pour changer ma roue. Arrivé devant, je patienta car les garagistes étaient à leur pause déjeuner, puis dans le rétroviseur je vis une 4X4 familière qui se gara aussi, je n’étais pas sûr que c’était Atle & Ingeborg et cette idée disparu dès l’instant où je me remémora la manière dont il quitta phakgil…En trombe. Ils devaient déjà être loin à cette heure çi. Le gros portail en fer s’enroula et les garagistes autorisèrent les premiers accidentés des chemins volcaniques à entrer, je parla avec des quinquagénaires Français qui avaient eu également une mésaventure. Puis finalement je me retrouva seul dans cette ambiance de Viking à l’odeur de sueur, d’essence et de métal. Pneus et outils jonchant le sol, ils étaient tous trapus, plus ou moins grands, les mains et les vêtements tâchés de cambouis, parlant fort dans leur langue qui n’a pas évolué depuis 1000 ans, j’étais impressionné. Mais soudainement je vis une grande silhouette accompagnée d’une plus petite entrée dans le hangar et je retenu ma joie de les revoir, puisqu’ils étaient là vraisemblablement pour un soucis sur leur voiture mais c’était bien eux! Les Norvégiens! Atle & Ingeborg! C’est alors qu’on reprit avec plaisir et sourire, connaissance. Nous échangeâmes quelques bonnes informations à l’aide d’une carte sur les sites à visiter notamment pour voir le Douglas, cet avion militaire américain crashé sur la plage de sable noir sólheimasandur ou encore cette piscine célèbre chaude et naturelle au pieds du Eyjafjallajökull.

Nos voitures réparaient, on se quittèrent de nouveaux tout en n’oubliant pas cette fois çi de noter leur nom et prénom sur un bout de papier pour garder contact, en échange d’un petit caramel! 

(Tu retrouveras Atle & Ingeborg dans mon article sur leur pays qu’est la Norvège, que j’ai eu le plaisir de sillonner également)

♥-Rodrigo-♥

 Je te propose de visionner leur magnifique vidéo, nous avons vécu sensiblement la même aventure.


Coups de cœur

« Asgeir Trausti, artiste islandais, guitariste et chanteur, sort en 2012 l’album Dýrð í dauðaþögn. Mené par les chansons « Sumargestur » et « Leyndarmál » (King and Cross en version anglaise çi dessous), son premier disque devient un vrai phénomène en Islande. Le folk soutenu par des bribes d’electro, met en valeur une voix exceptionnelle. Il fit des reprises notamment du célèbre groupe de rock Nirvana »

 Ci dessous l’album In The Silence d’Asgeir

« Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».

snjorQuand la mort vient frapper aux portes des honnêtes gens. Un village sans histoire, vraiment ? Un huis-clos à l’anglaise dans le plus grandiose des décors scandinaves. Jonasson, la nouvelle révélation du polar islandais.

Snjor

« Meurtre au Pied du Volcan »

Le 7e art en Islande se porte bien, avec les films dramatiques toujours doté d’un pincement d’humour scandinave comme le « Géant Timide » ou « Des Chevaux et des hommes » qui a été nommé pour représenter l’Islande aux Oscars du cinéma 2014. Mais si tu préfères les séries, je peux te conseiller dans la lignée des thrillers scandinaves, « Trapped » qui a été diffusé sur France 2 ou encore cette mini série de 4 épisodes que j’ai trouvé bien ficelée. A voir en VOST pour le charme de la langue Islandaise enfin Viking.