Sharings

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D’abord lancée sur notre Instagram ! Nous avons créé une section pour présenter et valoriser des photographies d’artistes amateurs et non amateurs, que ce soit dans le segment documentaire et photojournalistique ou dans le segment créatif.

Aujourd’hui, nous avons également décidé de partager l’expérience des photographes sur notre site web!

Bérénice Kagan – Kyrgyz sonata

Simplifier, disaient-ils.
Prendre un billet pour un pays dont on ne sait presque rien, si ce n’est que le monde moderne n’est pas soluble dans ses paysages, ni dans ses coutumes. Partir s’enfermer dans un quasi désert humain, avec pour voisins des chevaux, des ânes, des moutons, et parfois, un loup pour effrayer les gardiens.

Passer ses journées dehors, la peau vivifiée par les giflements d’un air de haute altitude. Sans distraction, sans internet, sans le moindre chemin de randonnée tracé. Passer ses nuits lové dans une yourte, juste sous les étoiles, et se chauffer en réalimentant régulièrement le
poêle.

Il aura fallu prendre deux avions, partir loin, pour trouver, dans le calme et le dépouillement, la plénitude. Accepter le vide sans peur et y trouver la joie. N’avoir rien d’autre à faire que de s’émerveiller, ébahis, devant la beauté simple et pure de ces espaces préservés. Former avec force le vœu que l’on s’engage à les protéger, les préserver d’une modernité absurde. Que la masse n’y vienne priver la nature de ces espaces interdits à l’homme, priver les hommes d’un espace où vivre au rythme de la nature. A marcher dans la steppe kirghize, des kilomètres d’une étendue presque plate, l’herbe jaunie par le soleil d’été, couverte du crottin qui permettra aux edelweiss de revivre l’an prochain. Contempler la ligne irrégulière des crètes alentour et le jeu des ombres aux flancs des montagnes. C’est tout, et c’est parfait.



En savoir plus sur l’auteure:

Bérénice Kagan, archiviste et documentaliste française, je suis spécialisée dans la photo
d’archive, sa conservation et sa valorisation. J’ai grandi entre Paris et
la campagne de Sologne, près des forêts. Vivement intéressée par le lien
entre les humains et la nature (leur Terre Mère), j’ai étudié la
sociologie, la philosophie et l’histoire culturelle.
En 2012, j’ai trouvé par hasard un appareil photo jetable dans la boue d’un
festival, ce fut un coup de foudre et le début d’une relation exclusive
avec la photographie argentique, son caractère magique et sensitif.
J’ai réalisé ma première série, “What would you name comfort?”, durant mon
tour en solitaire de la Scandinavie en 2013. Avec un appareil jetable, je
demandais à différentes personnes de prendre une photo de moi, allongée
dans leur cadre, dans différents paysages. C’était l’occasion de voir
comment, avec une contrainte claire et du matériel simple, le sens
esthétique de chacun pouvait s’exprimer.

On m’a ensuite offert mon premier appareil photo, qui n’a plus quitté mes
mains, surtout dans mes voyages en dehors de la ville. En essayant de
capturer mes émotions esthétiques, j’ai appris la photographie en
autodidacte.

Concentrée sur les paysages et les différents signes de la présence de la
nature, je vogue entre le documentaire et les projets plus intimes. Mes
travaux sont une recherche d’un monde idéal, un joyeux retour à l’enfance
dans une quête d’essentiel poursuivie sur tous les continents. Ces images,
prises lors d’instants de promenade et de contemplation, se veulent les
témoins du monde qui m’entoure et de sa beauté pure. Elles disent,
finalement, que ce monde idéal est bien le nôtre, et qu’il est donc
essentiel de le préserver, de toujours user de bienveillance.
C’est pour ces raisons que l’argentique est mon vecteur de prédilection :
ce mode de prise de vue me permet de rester à un niveau plus humain et
réaliste, en appréciant ce qu’il peut y avoir de hasards, d’erreurs et en
gardant toujours un contact charnel avec le monde.

EXPOSITIONS
Mars 2018 : « De l’Amour » à la galerie Keturivarztai, Vilnius, Lituanie
Fevrier 2020 : exposition collective Wipplay à Nikon Plaza, Paris, France
PUBLICATION
Janvier 2020 : reportage pour Mint Magazine (fr), “24 heures chez les
fabricants de yourtes kirghizes. » : http://www.magazine-mint.fr/yourtes-
kirghizes/