Seydukwa, Rio Palomino et à l’aube, Los Nevados – Colombie

9h Aéroport S.Bolivar, changement d’atmosphère et d’humidité sur le tarmac, il y a quelques heures j’étais encore dans la région d’Antioquia pour un reportage dans les Comunas (favelas) de Medellin. Et j’atterri donc aujourd’hui à Santa Marta, cette ville que j’avais traversé en bus local il y a deux ans auparavant. Ville coloniale bordée par les caraïbes et ses palmiers, la toute première construite par les colons espagnols. Elle est située aux pieds de la Sierra Nevada de Santa Marta, le plus haut massif côtiers du monde aux neiges éternelles, biosphère aux espèces endémiques classée par l’UNESCO, aux 4 ethnies indigènes, Arhuaco, Kogui, Wiwa y Kankuamos, descendants direct des Tayronas.

Mon immersion à Seydukwa sera encadrée par l’agence d’ethnotourisme « Sierraventur Travel » gêrée par une communauté indigène et représentée par « Adrian », imposant mais charismatique, flegmatique et accueillant indigène Arhuaco. Comme prévu, je pars avec ce dernier sur Palomino le soir même sur la Tronca ldel Caribe où nous longerons en bus de nuit, l’entrée du Parc Tayrona, Buritaca et non loin de là, la bien nommée Ciudad Perdida.  

Agence de tourisme communautaire: SIERRAVENTUR TRAVEL

Facebook: @sierraventutravel /// Instagram: @sierraventurtravel /// Courrier:sierraventurtravel@gmail.com /// Téléphone/ WhatsApp:(+57) 315 350 3383

Palomino

Avant de partir il me recommande impérativement de retirer de l’argent à un cajero automatico sur Santa Marta. Car Palomino est un autre monde dans un autre monde. Un no materialism-land, prisé des voyageurs par sa simplicité de vivre, hamacs et plages ornées de cocotiers, brise et brume légère, la musique venant des hostels, restaurants et casitas aux ventilateurs brinquebalants. Se prélasser devant les vagues, avec un jus de Guanabana ou une Club Colombia à la main est donc la principale activité de cette localité. Nous arrivons de nuit, Adrian, m’offre la collation dans l’une de ces cuisines de rues Colombiennes, aux tables installées sur le bord de la route, avant de rejoindre notre campement « Tawasi » et s’installer dans nos hamacs. Morphée me prend dans ses bras dès l’instant où mes paupières se fermèrent.

Palomino petit repère de hippies mais pas que…Palomino est une des portes de sorties ou d’entrées de la Sierra Nevada, et également un point de jonction pour se jeter dans la Guajira peuplé des indigènes Wayuu, ce désert dans les caraïbes avec Punta Gallinas, la pointe la plus septentrionale d’Amérique du sud. 

Seydukwa

Isaïyas, longs cheveux fins noirs tombants, teint de peau cuivré, muscles saillants au calme olympien, sourire timide mais regard franc, une attelle au poignet cassé, soigné avec ses propres connaissances de sa culture, aux plantes médicinales, la douleur encore présente mais aucunes expressions. Isaïyas, sera notre courageux guide qui nous amènera jusqu’à Seydukwa en partageant ses connaissances précises de la Sierra et de ses légendes. Seydukwa est un village Arhuaco bâtit sur les rives du Rio Palomino, à plus de deux heures de marches de Palomino, dans cet éco-système fabuleux qu’est la Sierra Nevada de Santa Marta. Rêve éveillé des botanistes, paradis terrien des éthologues, jardin d’Eden des anthropologues voire 7e ciel des astrophysiciens et de leurs alter-egos Koguis.

J’avais déjà arpenté cette forêt tropicale luxuriante mais avoir l’honneur de toucher de nouveau, de tous mes sens son relief particulier! Aux verts infinis que l’ont pourrait en créer un pantone! Me rempli d’un bonheur indescriptible parcourant l’artère coronaire. Le minéral de la Sierra côtoie avec harmonie, le végétal de la selva. Le milieu aquatique embrasse l’air chaud Caribéen, tous les éléments pour y donner vie sont présents. Le dernier atome pour embellir ou redonner l’équilibre à ce monde fascinant, est préservé précieusement par les peuples indigènes. Atome que porte naturellement dans ses pupilles, Isaïyas, notre guide Arhuaco: l’Amour de la Terre Mère.

Et c’est avec cet Amour universel que nous sommes portés, les pas se faisant de plus en plus légers sur le sentier, jusqu’au Rio Palomino que nous devrons traverser, barrière naturelle, entre notre monde et le leur, Seydukwa.

Seydukwa où règne un silence mélodieux, lieu de vie du Mamo et de sa famille, un chef spirituel de la communauté Arhuaco. Nous basculons littéralement dans un univers parallèle. A l’ombre des arbres et plantes grasses, les hommes déambulent fierement vêtus tout de blanc immaculé. Une mochila typique de leur ethnie à l’épaule tissé par leur femmes sur ce banc, ils se font discrets plongés dans leur pensées et labeur du jour. Des cases en bois et autres matériaux issus de la forêt sont alignées où je peux entendre des discussions au dialecte qui m’est inconnu, sans aucunes élévations de voix . Surtout venant de l’une d’entre elle, celle servant de salle à manger et de cuisine où sont préparés par l’ensemble des femmes de la communauté, les repas de ce soir. Repas qui se feront sous la lueur d’une unique bougie, autour de cette grande table en bois massif.

Dans les allés du hameau, quelques enfants jouent avec une innocence certaine, seul remous avec ce chant caractéristique descendant des arbres de la forêt. Le flot du Rio Palomino en contrebas complète l’orchestre vivant. Puis mon regard s’arrête sur cette petite fille, si belle dans sa petite robe, calme, qui sans un mots me fixe droit dans le yeux avec un air interrogateur voire de défi…Je sais déjà qu’elle vivra éternellement dans mes souvenirs, accompagnée de Basilio que j’ai connu il y a deux ans maintenant sur le chemin de la cité perdue. Ce seront mes dernières pensées du jour, couché dans mon hamac coloré, avant que de nouveau Morphée entre dans un noir total pour faire son œuvre.

Au petit matin, une ascension abrupte nous attend pour atteindre une clairière aménagée d’un banc rustique. Depuis ce belvédère j’aperçois un drapeau emblématique Colombien, flottant dans les airs. Les nuages se retirent comme les rideaux d’un théâtre et enfin…les voilà! Ils se présentent vêtus eux aussi de blanc, j’en ai entendu souvent parlé de la bouche des indigènes, comme des ancêtres toujours vivants immortalisés sur une photo de famille, portant chacun leur nom:

Kausankua – Maloka – Seyllankua à gauche, Najua, Yan, Chundua à droite puis j’ai failli de mentionner Mama Rongo…Ce sont les noms de montagnes sacrées qui se dressent devant moi et la dernière Mama Rongo, représente simplement le cœur du monde ou « el corazon del mundo ». 

Me voilà à Seydukwa, devant les Nevados de la Sierra Nevada de Santa Marta et ses neiges éternelles.

Rodrigo.

Road-trip #3 – Le Train Jaune à énergie Verte

[Catalunya]

Le Train Jaune


Février, la neige recouvre les massifs et vallées de cette région, le pic du Canigou, l’emblématique Mont de 2784,66m des Pyrénées Orientales, exhibe fièrement sa toison blanche d’union avec l’hiver. Il aime dominer le Conflent et la bien nommée à l’UNESCO, fortifiée par Vauban, Villefranche de Conflent: point de départ du Train Jaune. Depuis mon arrivé dans ce pays Catalan, j’avais toujours eu en tête de réaliser ce trajet sur voie métrique, de 63 km parcourant les Pyrénées Catalanes et plus précisément la Cerdagne ou la Cerdanya. Cette » haute plaine montagnarde » riche par son patrimoine naturel. Les randonneurs profiteront des nombreux sentiers dans le parc naturel régional, avec entre autre le lac des Bouillouses ou « le sacré » Puig Carlit comme références. Les voyageurs, les touristes quant à eux pourront s’étonner de l’enclave espagnole Llivia…
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Mes réponses sur le Tourisme Responsable pour « Voyageons Autrement.com »

Fin septembre, j’ai été sollicité par Florie Thielin, journaliste pour Voyageons autrement.com, le 1er portail d’information sur le voyage responsable afin de répondre à ses questions sur le thème du « Tourisme durable! Dans cette interview nous revenons entre autre, sur une problématique liée à ce type de tourisme, j’ai donc pris l’exemple du Parc Tayrona en Colombie,  ses limites, ma définition personnelle du Tourisme Responsable, ainsi que mon rôle à jouer en tant que « Blogueur-voyageur ».

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Mon portrait par Florie Thielin:

« Nous interviewons aujourd’hui Rodrigo, auteur du blog Dream Voyager, dont les magnifiques photos couplées à la forte sensibilité écologique et humaniste, nous ont particulièrement touchés. De par son histoire personnelle et son déracinement à son pays natal, la Colombie, Rodrigo se considère comme un éternel voyageur. Il n’a jamais vraiment su se ré-enraciner ailleurs. Lorsqu’il revient dans son pays d’origine il se sent chez lui sans y être vraiment. Son équilibre il le puise dans l’évasion dont il est éperdument amoureux, et cela au sens large du terme : qu’elle soit artistique, humaine, culinaire, culturel, musicale… Ce photographe du dimanche (parfois du samedi, et même du lundi !) cherche à exposer un autre visage, resplendissant, de la planète »

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Thé Masala à Tashi Palkhiel, camp de réfugiés Tibétains – Pokhara

Tashi Palkhiel

Pokhara

C’est après 4 à 5h de bus depuis la capitale, que j’arrive enfin à Pokhara, « sur le parking de la gare routière » (ou le terrain vague faisant office de parking). Je pose à peine le pied sur le sol que je vois des dizaines de taxis se disputant pour m’emmener au point chaud de la ville, où toutes les auberges de jeunesse et hôtels s’y concentrent.  Pokhara est la deuxième ville népalaise avec plus de 250000 âmes, épargnée par le séisme de 2015, touristique, nichée aux abords du lac Phewa Tal , aux pieds des hauts sommets environnants. Sans faire de parallèle ni offense, c’est un Annecy à la népalaise pour son cadre naturel.

Streetfood

 

Mon routard me mène donc à « Lakeside » où je dépose mes sacs dans la première auberge qui m’est sympathique et je pars sillonner ce quartier aux allures de « Thamel » à Kathmandou. Avec tout de même une ambiance plus décontracte et festive, d’ailleurs je croise de nombreux étrangers de toutes origines, se prélassant sur une terrasse., tous habillés en tenue de trek et chaussures de marche, revenant ou partant vers les sommets. Bars, restaurants, shops se mêlent ainsi aux nombreuses agences touristiques. Et ces dernières proposent diverses activités de plein airs puisque le cadre où la ville s’est implantée, est idéal pour la pratique du parapente par exemple! Et pour beaucoup, Pokhara est l’un des meilleurs spots au monde.

Enfin Pokhara est surtout connue et reconnue pour être le point de départ de tout les treks menant au massif de l’Annapurna. 

 

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