[Sierra Nevada de Santa Marta]

Colombie

 A travers ma relation particulière que j’ai entretenu durant une semaine, avec des indigènes, du fait de mon métissage indien aussi, de ma philosophie de vie et de ma curiosité naturelle envers l’histoire et les cultures étrangères. Je vais essayer de te retranscrire une expérience avec objectivité.que j’ai vécu lors du trek de la Ciudad Perdida, en Colombie

Poporo à la main Les cheveux noirs interminables sous un chapeau, tout vêtu de blanc,le regard froid, pénétrant et fuyant à la fois, un sourire timide et sincère en même temps, la parole rare mais précieuse. Tel fut Manuel, notre guide bienveillant, présent par son charisme mais absent également par son silence.

Il appartient à la communauté Wiwa, peut être la communauté indienne parmi les 4 cités précédemment la plus ouverte à notre « civilisation » et « mode de vie ». D’ailleurs la nouvelle génération est tiraillée entre le téléphone portable qu’elle transporte dans leur mochila*(sac typique indien tissé) et le plaisir de se retrouver ensemble dans cette forêt,  à refaire notre monde dans leur dialecte, chacun couché dans son hamac accroché aux poutres, torses et pieds nus, vêtus d’un simple pantalon blanc que je suppose en fibre de lin.

Manuel et moi, ensemble, nous n’avions pas besoin d’échanger énormément pour se comprendre, un simple regard suffisait, une expression du visage, un geste de la main ou un sourire en coin, signe d’une approbation. Nul besoin de se parler, tout était dans les yeux. Je pense donc qu’il y avait un grand respect et une reconnaissance de chacun pour l’autre. De plus j’aime me dire que je l’avais intrigué avec mon allure d’amérindien déraciné. Nous avions ce point commun que peu de voyageurs auront avec lui, ce qui se traduisit par des instant rares et privilégiés. Mais au commencement, j’étais presque gêné de rentrer dans son univers car je pensais ne rien lui apporter en retour, j’étais simplement « ce » touriste quelconque (ou presque) ayant le désir de vivre une aventure extraordinaire. Tandis que lui allait m’enrichir de souvenirs et connaissances.

Mais au fil des heures, des jours et des kilomètres, j’ai pu voir une ouverture d’esprit et une chaleur fraternelles, il avait plaisir à répondre aux multiples questions que je lui posais sur la « Selva« (la forêt), sur leur coutume et tradition, sur leur organisation. Il prenait soin de prendre son temps dans ses gestes lorsqu’il devait attraper un insecte ou me montrer un oiseau dans un premier temps invisible à me yeux, ou encore en valorisant leur savoir faire artisanal. Comme lorsqu’il fit démonstration avec sa « dague » en bois tout aussi artisanale de séparer les fibres d’une feuille d’agave servant à la confection des futures mochilas, qui seront soigneusement tressées par leurs femmes.

Il pesait chaque mot afin que j’assimile un maximum la diversité de sa culture.

Il me ramassa des graines végétales et m’en offrit « Tagua, Gola et Ojo Buey« , il ouvrit une fève de cacao m’expliquant les différents stades de maturité et m’incita à la goûter bref des petits moments privilégiés mais intenses et sincères dans la démarche. Et au fil des jours, ayant gagné une confiance mutuelle, je surpris Manuel, s’ouvrir au reste du groupe et se permettre quelques plaisanteries subtiles comme lorsqu’il devait nous réveiller chaque matin sous les coups des 6h/7h en nous balançant le hamac doucement de gauche à droite ou en nous faisant croire que la marche allait être plus dure que la veille, alors qu’elle s’avéra au final plus tranquille. Un moment fort fut son obstination avec son fils de vouloir célébrer un soir « comme il se doit » l’anniversaire de mon ex compagne, ils trouvèrent comme idée de découper un ananas frais et de « planter » en son cœur une bougie! Une franche rigolade et un chant s’en suivirent.

Mais quand vint la fin du trek, après une dernière accolade chaleureuse au village de Machete, c’est à ce moment précis que j’ai réalisé ce que je lui avais apporté… Il avait eu une grande fierté d’avoir la liberté et le temps de mettre en démonstration sa culture héritée de ses ancêtres Tayronas.


Retrouve mon récit sur mon aventure sur la Ciudad Perdida ici

♥-Rodrigo -♥

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