Tashi Palkhiel

Pokhara

C’est après 4 à 5h de bus depuis la capitale, que j’arrive enfin à Pokhara, « sur le parking de la gare routière » (ou le terrain vague faisant office de parking). Je pose à peine le pied sur le sol que je vois des dizaines de taxis se disputant pour m’emmener au point chaud de la ville, où toutes les auberges de jeunesse et hôtels s’y concentrent.  Pokhara est la deuxième ville népalaise avec plus de 250000 âmes, épargnée par le séisme de 2015, touristique, nichée aux abords du lac Phewa Tal , aux pieds des hauts sommets environnants. Sans faire de parallèle ni offense, c’est un Annecy à la népalaise pour son cadre naturel.

Streetfood

 

Mon routard me mène donc à « Lakeside » où je dépose mes sacs dans la première auberge qui m’est sympathique et je pars sillonner ce quartier aux allures de « Thamel » à Kathmandou. Avec tout de même une ambiance plus décontracte et festive, d’ailleurs je croise de nombreux étrangers de toutes origines, se prélassant sur une terrasse., tous habillés en tenue de trek et chaussures de marche, revenant ou partant vers les sommets. Bars, restaurants, shops se mêlent ainsi aux nombreuses agences touristiques. Et ces dernières proposent diverses activités de plein airs puisque le cadre où la ville s’est implantée, est idéal pour la pratique du parapente par exemple! Et pour beaucoup, Pokhara est l’un des meilleurs spots au monde.

Enfin Pokhara est surtout connue et reconnue pour être le point de départ de tout les treks menant au massif de l’Annapurna. 

 

Quelques activités à faire sur Pokhara selon Lonely Planet.fr

  • Le réveil des dieux de la montagne depuis Sarangkot, lorsque le soleil levant illumine l’Himalaya.
  • Une sortie en canot sur le Phewa Tal pour y admirer le reflet du Machapuchare et des sommets environnants.
  • Une balade en forêt jusqu’à la pagode de la Paix, à la blancheur éclatante, et la vue sur Pokhara dominée par les montagnes.
  • Un délicieux repas dans l’un des restaurants de Lakeside pour célébrer la fin d’un trek.
  • Un vol en parapente au gré des courants thermiques.
  • L’histoire des réfugiés tibétains et les chants des moines au Jangchub Choeling Gompa.
  • Les plantations de café et les paisibles berges du Begnas Tal, un lac situé loin des foules de Lakeside.

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Tashi Palkhiel, camp de réfugiés tibétains

Mais, j’ai pour objectif de faire un pied de nez à ce chemin traditionnel qui vous mène à l’Annapurna. Aucune arrogance ni volonté de ma part de nuire à ce rêve collectif mais je m’étais dit en partant de Katmandou, connaissant la réputation du lieu, que je voulais faire et voir différent. Je feuillète mon routard, je questionne les hôtes et ils m’indiquent un village au nord de Pokhara, sous le nom de Tashi Palkhiel. Je feuillète de nouveau le routard et en effet, le livret l’indique discrètement à la page 135.

« Pour ceux qui ont du temps. On peut visiter un atelier de tissage de tapis et bien sûr investir dans l’une de ces œuvres, d’excellente qualités mais coûteuses. A part ça, monastère tibétain et boutiques d’artisanat. Le village, lui, avec ses maisons basses en dur, n’a pas beaucoup de caractère. Pour ceux qui veulent approfondir leur approche du monde tibétain, tours organisés par tibetan-encounter.com »

Rien d’exceptionnel et photogénique à première lecture, peut être l’atelier de confection en vaut le coup d’œil. Je me décide donc de partir tout de  même à l’aventure et à la rencontre de ses habitants, carnet de voyage et appareils photos en mains. Après 10 min de négociation avec un chauffeur de taxi qui m’a donné cette légère impression d’avoir gagné la bataille des roupilles/Km (tout en sachant bien, que ce sentiment de victoire est trompeur…)Mais je dois avouer que cela a son charme et j’en ressors avec une certaine insouciance et fierté.

Me voilà à Tashi Palkhiel, en connaissant l’histoire et les raisons de la naissance de ce lieu particulier, je ressens une ambiance calme et reposante mais à la fois aussi très pesante. D’un commun accord avec moi même, je ne vais pas faire de photo de ses ruelles ni des peu d’habitants que je croise pour une question d’éthique. Je prends tout de même mon temps et des notes. Mes souvenirs et images sont toujours vifs dans ma mémoire en écrivant ces quelques lignes.

Sur le chemin du retour alors que je me dirige vers la sortie du village, un homme m’interpelle derrière son portail, une discussion s’engage et il m’invite à le rejoindre dans « sa maison basse en dur »… C’est à cet instant que mon voyage prit une toute autre tournure, dans cette demeure où transpire histoire, tristesse et déracinement, la précarité matériel et sociale, elle, elle s’exhibe aisément.

Le sourire naturel symbolisant la chaleur humaine de Kalsang et de son père, mes hôtes du jour, me rappellent à revenir à l’instant présent, dans cette pièce tamisée, laissant peu de lumière entrée. Je m’assois aux côtés de ces deux réfugiés tibétains, deux générations qui ont fuit leur pays, laissant derrière eux tout ce qu’ils ont de plus cher. Nous sommes attablés autour d’un Thé Masala préparé par le père et d’un casse-croûte typiquement tibétain.

Dialogues francs et sincères, sourires, échanges culturels enrichissent notre rencontre et je m’applique à ne pas leur poser de questions sur leur situation actuelle, ressentant un mal-être profond à ma première question sur le sujet. Je me décide de leur acheter amulettes en prenant soins de comprendre chacune de leurs significations. La vente de bijoux étant leur principal ressource pour subvenir à leur besoin, je ne négocie pas et ne fait pas très attention aux prix. 

Je leur explique le sens de mon voyage et le concept de dreamvoyager.fr et obtiens leur approbation pour quelques images et polaroïds souvenirs. Une anecdote? J’ai même pu récupérer leur adresse afin de leur écrire.

♥-Rodrigo-♥