Carte Postale – Le Racou, Catalogne – Bonus en Catalan

[Catalunya]

Le Racou

♥ Bonus: L’Épicerie du Racou En Catalan


La Côte Vermeille, s’étend donc entre les stations balnéaires de Perpignan, comme Argelès sur mer jusqu’à Cerbère, sur 30 km. Lumineuse par ses 320 jours de soleil par an, caractéristique par sa route sinueuse, pittoresque par sa diversité de paysages . Vignes, criques et autres sentiers du littoral,  s’entremêlent dans sa palette de couleur « vert, ocre, rouge. Et bien sûr sans oublier le ciel et la Méditerranée, se défiant pour vous donner le Bleu le plus flamboyant possible, afin de vous attirer dans les méandres d’un paradis terrestre. (…) [Extrait de: http://dreamvoyager.fr/catalunya/collioure/]

Argelès s/mer, une des vitrines touristiques des Pyrénées Orientales, bien confortablement installée dans le département le plus ensoleillé de France, profitant d’un microclimat, une lumière douce sur des criques aux pieds du massif des Albères. Comme seule agitation bruyante et désordonnée, la princesse venue des terres, la Tramontane. L’été elle est accompagnée d’une autre turbulence, en effet pour l’anecdote, la ville balnéaire retient en son coeur la concentration de camping la plus élevée Europe, la capitale des tentes et autres mobil homes, passant d’une population de 10000 personnes à plus de 60000 lors de la saison estivale voire plus, 100000 en sa plus haute saison, sur les 7km de plages  bordant les eaux claires de la Méditerranée.

Le Racou
Crédit: Alba Sauvage

 

Le Racou
Crédit: Alba Sauvage

Deux maelströms photographiques associés, chacun avec son univers distinct, nous sommes attirés par des aspirations contraires aux formes abstraites, aux géométries variables, ombres et traits singuliers, par un réalisme Marquezien et lignes architecturales Eifellien, nous occupons un espace incertain, un périmètre invisible à l’œil délimité par nos seules sensibilités différentes, mais qui s’avèreront complémentaires et essentielles pour décrire ce lieu non-conformiste. C’est donc par ces préceptes dictés par nos âmes passionnées par ce même mouvement de l’art que Pilar Aymerich affectionne, la Photographie, qu’au rythme d’un tempo que l’on ne pourra pas vous définir, que nos silhouettes chargées de nos appareils déambulent entre ces maisons aux volets bleus, aux volet jaunes, aux volets roses.

Nous nous séparons donc pour explorer les recoins de ce site classé par le conservatoire du littoral, prenons plaisir de se perdre dans les méandres d’une ambiance résolument vintage, un bond dans le temps, 1930, au caractère pittoresque, si il avait été peintre il aurait installé son chevalet, mais je suis une photographe sans prétention alors ce sera un trépied.  Nous nous retrouvons pour s’oublier un bref instant de nouveau dans ces allées de sables vivifiées par une dominante de plantes de la famille des Asparagaceae, des Cactaceae. Puis je la retrouve en face, nez à nez devant l’une de cette maisonnette chargée en histoire, portant le nom d’une des spécialités culinaires Catalanes, juxtaposant celle à la façade rouge portant le numéro 6.

Le Racou
Crédit: Alba Sauvage

Immobiles, nos Folding au cou déjà amenés à bord du Train Jaune, nous sommes une nouvelle fois aspirés par l’enchantement des images, s’animant, défilant avec frénésie devant nous. La lampe à pétrole d’antan se pose en légèreté sur le pas de porte encore incandescente de la veillée, alors qu’une dame sans âge à l’ombre de ses agaves apparaît, en repos, revenue tout juste de Genève et corrige son propre livre, qu’elle finira par nommer « La Plaça del Diamant », Mercè de Rodoreda. Quand un propriétaire traverse ces allées ensablées, sûrement Mr Astruc, aux pas décidés, tenant contre lui de peur qu’ils s’envolent tous les documents nécessaires à sa plaidoirie, une prétention rudement menée. La figure emblématique du Racou qui a porté sur ses épaules, les velléité libertaire devant Gaston Pams et les élus de la commune d’Argeles! Et qu’il obtint! De ce hameau, que René qualifiera plus tard derrière son comptoir, d’indiens isolés

Nos regards avec Alba se croisent de nouveaux et dans celui de Rodrigo, je compris qu’il comprit que nous sommes spectateurs de l’art de vivre Racousien, en effet un dernier homme surgit de cette allée où un canoë gît tout au long de l’année. Il revient de sa pêche dominicale, nous interpella, se présenta comme Mr Casal et nous convia à une calçotada. Puis cet homme au crâne dégarni disparu comme il est apparu. Sifflotant un air de violoncelliste, les poissons dans son panier en osier pour cette grillade prévue, afin de célébrer la simili-indépendance, accompagnée des calçots de la petite épicerie des années 1958. Elle suivra la partie de pétanque joviale organisée aujourd’hui par les voisins, par les amis, par les frères? car il est évident que la promiscuité des édifices autrefois en bois ou en roseaux, puisse tisser facilement des liens, à la mentalité presque clanique, et renforcer ce sentiment d’indépendance. 

Enfin cette scène n’est que fruit de notre imagination…car aujourd’hui notre étoile se fait discrète, recouvert de cotons grisonnants. D’un commun accord nous décidons de faire une courte pause pour prendre du recul, s’éloigner, sur ce lieu particulier surplombé par la colline où plus tard elle prendra un panorama depuis la table d’orientation. Nous avons ce besoin d’échanger justement sur l’atmosphère ressentie ici, cette touffeur oubliée, l’émanation caractéristique d’hors saison, où tout semble figé dans son jus dès le dernier touriste reparti. En une joute verbale nous essayons de décrire chacun notre tour nos impressions sur ce milieu mais que ce soit Rodrigo ou moi, nous cherchons dans notre vocabulaire respectif cette phrase, une expression, un mot voire une onomatopée pour représenter fidèlement le Racou et le sentiment qui nous habite.

Puis mes sens se réveillent enfin et je me souviens à cet instant précis de l’avoir déjà respiré cette douceur, cette lenteur, cette lumière…précisément chez les lusitaniens, d’ailleurs quand je le prononça à Alba,

elle me répondit comme fascinée,  qu’un mot peut décrire parfaitement une scène mais par la magie linguistique
ce mot est spécifique à un dialecte, ici au Portugais, sans traduction en Français, sans équivalence, ce vocabulaire manquant? »Sodade »

♥ Bonus: Botiga de queviures de Racou

Retrouvez çi dessous le bonus sur l’Épicerie du Racou en version Catalane, vous retrouverez la traduction en bas de page.

  • Vam conèixer al René i la Bea, encarregats d’una botiga amb qui vam poder parlar una mica sobre aquest lloc tan especial. Aquí volem agrair-los tan calorosament com va ser la seva acollida i  pel seu temps a ajudar-nos a acabar aquest article del Raco. L’Alba va ser la que va dirigir aquesta entrevista. Aquí la teniu:

“En el camí de la tornada, ara que l’asfalt reemplaça poc a poc la sorra, encara estem discutint sobre l’atmosfera que sentim en aquest lloc quan passem davant de una façana. Inmediatament, ens entra ganes irresistibles d’immortalitzar aquesta fatxada amb la seva parada acolorida de productes frescos, locals i ecològics :  Es barregen carxofes violetes de la Salanca amb els llimones de Castelnou, les freses d’Illa del Riberal (Ille-sur-Têt) o l’oli de Vinça.

Le Racou
Crédit: Alba Sauvage

Ells van comprar aquesta botiga de queviures fa 8 anys, però en realitat es molt més antiga que això. De fet, va obrir en 1958, ja fa doncs 60 anys. Es important subratllar que, al Racó, la llei prohibeix obrir cap nou establiment. Llavors, és, comprant un comerç ja existent, que el René, habitant de Ceret, va ser el nou propietari de “L’épicerie du Racou”, desprès de varies experiències en el sector a Perpinyà o a Vilafranca de conflent.

Ens va explicar amb les seves paraules el que és el Racó segons l’imaginació col·lectiva utilitzant les paraules “racó” (petit lloc) i “indi” (persona amb certa rebel·lió) i que, malgrat l’efervescència de l’estiu i les mils de parisencs o estrangers que hi passen les seves vacances i els numerosos reportatges fets per varis medis de comunicació, el Racó  ha sabut guardar la seva autenticitat i el seu esperit familiar. A més a més, és casi un esperit de clan, com els indis, on tothom es coneix i on s’han encetat amistats, que sigui entre els habitants del Racó entre ells mateixos o entre els habitants i els turistes. Sovint, ells hi diuen “parisencs” encara que fa anys y anys que estiuegen aquí en les seves segones residències en els 78 pisos de la zona extendida d’aquest poblet.

 

♥-Rodrigo & Alba-♥

Le Racou
Crédit: Alba Sauvage
Le Racou
Crédit: Alba Sauvage
Le Racou
Crédit: Alba Sauvage
Le Racou depuis la table d'orientation
Crédit: Alba Sauvage
Le Racou
Crédit: Alba Sauvage

 

Traduction

Nous avons rencontré René et Béa, tenancier d’une échoppe avec qui nous avons pu échanger sur le lieu. Et nous les remercions aussi chaleureusement que leur accueil pour le temps prit sur leurs horaires de travail afin de compléter notre article sur le Racou. C’est Alba qui a mené cette entrevue, résumée ici:

Sur notre chemin du retour  alors que l’asphalte remplace progressivement le sable, toujours en débat sur l’atmosphère que dégage ce lieu, nous passons devant une devanture, l’envie irrésistible d’immortaliser sa façade, son étalage en couleurs, de produits frais, locaux, bios: Artichauts violet de Salanques se battant en duel avec les Citrons de Castelnou , Fraises de l’île sur têt ou encore l’huile d’olive de Vinça. 

Reprise il y a 8 ans, l’épicerie en est bien plus ancienne, en effet elle a ouverte ses portes en 1958, il y a donc 60 ans tout juste. A savoir qu’au Racou, la législation interdit d’ouvrir un nouvel établissement donc c’est par le biais d’un achat, d’un commerce existant que René, après des expériences dans le domaine sur Perpignan ou encore Villefranche, que ce Cérétan d’origine est devenu le nouveau propriétaire de « L’Epicerie du Racou ».

Il nous explique avec ses mots ce qu’est le Racou dans l’imaginaire collectif, en employant le mot « Indien et Recoin ». Et malgré l’effervescence estival et les milliers de franciliens ou étrangers venant passer leurs vacances, couplé à l’exposition chronique des nombreux reportages et focus réalisés sur son attractivité par les médias multi-supports. Le Racou a tout de même gardé son authenticité, un esprit familial voire l’esprit clanique relaté plus haut, où tous le monde se connaît et a lié plus ou moins des amitiés, que ce soit entre les Racousiens eux même ou les Racousiens et les touristes. Affectueusement surnommés, « parisiens », gardant une résidence secondaire dans les 78 immeubles de la zone étendue du hameau.


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