Navigue sur le site internet pour savoir quel était le programme de ce fabuleux festival, se déroulant chaque année, sur 4 jours à Lyon.

http://www.quaisdudepart.fr/

Description: « QUAIS DU DEPART c’est avant tout un événement organisé par des passionnés de voyages, de livres, d’images et de rencontres, animés par l’envie de partager cette passion !

Le festival a été créé il y quatre ans grâce à une idée de François Chazelle, fondateur de la librairie Raconte-moi la Terre. Il est rapidement rejoint par Laure Dieulouard, coordinatrice du festival Curieux Voyageurs de Saint-Etienne, puis par Jean-Christophe Guérin, directeur général de l’agence de voyages sur mesure Continents Insolites, notre partenaire jusqu’en 2015.

Le projet avance, l’idée grandit… jusqu’à présenter la première édition en 2012. Quais du Départ devient, au fil des ans, le festival pour les amoureux du voyage, celui qui manquait à Lyon, deuxième ville de France et carrefour de voyageurs de tous horizons, bâtie à la confluence de deux fleuves qui invitent à larguer les amarres… » 

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J’étais donc parti à Lyon en tant que festivalier, pour profiter de la richesse de la programmation proposée par ce festival, dont l’originalité, est son déroulement sur les quais à bord de péniches. 

Arrivé sur les lieux, j’ai l’agréable surprise de voir une librairie éphémère coordonnée par « Raconte moi la Terre », librairie-café/restaurant de Lyon spécialisée sur le voyage et la découverte du monde. Tu peux aisément imaginer les livres blottis les uns contre les autres n’attendant qu’une seule chose, que je les feuillette et jette mon dévolu sur l’un d’eux.

L’atmosphère est donc chaleureuse, les écrits, les sentiments et souvenirs des aventuriers volent avec légèreté comme un zeppelin, dans cet espace qui fait office de coin lecture. Mais pour moi il est déjà l’heure que je m’éclipse puisque j’ai réservé entre temps une place pour une séance de cinéma dans les cales de cette péniche, afin de visionner un film se nommant « livres nomades » :

Livres nomades: 

kenya

Rue 89 Nouvel Obs

« Dès les premières images du documentaire « Hungry Minds », on voit défiler un troupeau de chameaux portant des caisses en bois. Le chargement semble lourd. Cela se passe quelque part au nord du Kenya, à quelques kilomètres seulement de la Somalie. Au vu des évènements récents, il pourrait avoir une certaine méfiance vis-à-vis du chargement, mais détrompez-vous, les chameaux conduits par Abdullahi Osman portent sur leurs bosses… des livres. Ceux de sa bibliothèque mobile, sa « Mobile Camel Library ».

Depuis quatorze ans, ce Somalien, amoureux des livres, parcourt dix jours par mois des villages perdus à la frontière entre ces deux pays de l’Afrique de l’Est. Avec son équipe, il se rend dans des écoles ou dans des camps de nomades somaliens et prête des livres aux enfants et parfois aussi aux adultes… »

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Portrait

Emeric Fisset

Je ne marche pas devant quelqu’un, auquel cas je me sentirais pressé; ni derrière, auquel cas je me sentirais confiné. A mon rythme, je fraie ma voie. En réalité, je marche au-devant. Au-devant de nouvelles émotions, de nouvelles rencontres

Me voilà revenu à la librairie, après une bonne heure et demie à voyager en chameau au Kenya, en bateau au Bengladesh et en yack en Mongolie, par le biais de ces hommes passionnés et passionnants.

Mon regard parcourt à nouveau les séries de livres soigneusement rangées sur les tables, leurs couvertures sont plus belles les unes que les autres et je jetais mon dévolu, sur l’une d’elles. 

Le titre de ce livre m’était mystérieux et peu évocateur « Kamtchatka » , sonorité de l’Est, nous sommes d’accord, seule la photo illustrant ce livre m’avait attiré l’œil. 

Une vue sur un lac ou une baie, peut être un estuaire, un arbre au premier plKamtchatkaan et au fond une montagne en forme de volcan, sûrement un volcan! Teintée de blanc comme le Fuji, mais « Kamtchatka » ne résonne pas Asiatique, cela n’est certainement pas le Japon. L’image est belle, me plongeant dans mes pensées car ce type de paysage m’est inconnu ainsi que le nom, je me posais la question si ce n’était pas un mot Maori en pensant à la Nouvelle Zélande.

Je posais donc la main sur la couverture et dès l’instant où mes doigts l’effleurèrent, un homme m’interpella, se présentant de lui même comme l’auteur de ce livre.

Je lis « Emeric Fisset » sur le livre et je regardais son badge, le nom correspondait! Incroyable!

Pour être honnête, cet homme blond grisonnant, je l’avais remarqué dès mon entrée par sa posture et son expression de visage, fermée, son regard profond et je pensais que ce devait être un des organisateurs de l’événement. Il se tenait derrière les étals de livres et observait les allées et venues des festivaliers avec attention.

Il me montra d’autres livres qu’il avait écrit chez le même éditeur « Transboréal »  notamment « Dans le Pas de l’Ours »et « Sous l’aile du Grand Corbeau ». Nous échangeâmes donc sur ses aventures et dès nos premiers échanges je me dis que cet homme a dû avoir une vie extraordinaire. Pour commencer il me présenta ce livre au nom barbare de « Kamtchatka« , j’ai su qu’en fait c’était une péninsule volcanique située à l’extrême orient de la Russie, à la nature exceptionnelle et sauvage, d’ailleurs l’UNESCO l’a inscrite sur la liste du patrimoine mondial! Ce territoire a la particularité de dénombrer plus de 300 volcans dont une trentaine en activité répartis sur deux chaînes volcaniques, une activité sismique ainsi que des geysers. Autrement dit, c’est une destination fascinante qui s’ajoute à mes envies de voyage et liberté. Et penser à la Nouvelle Zélande n’était donc pas une hérésie. Il me raconta sa grande aventure dans ce lieu qui m’était inconnu jusqu’alors. Je restais subjugué par l’homme mais surtout par l’aventurier.

A mon tour, tout en modestie, tant cet aventurier m’impressionnait voire me fascinait par son humilité, je lui contais mon trek en forêt tropicale colombienne pour voir une cité perdue, en compagnie d’indigènes. Ce sur quoi il rebondit sur ce détail en disant qu’il avait traversé une grande partie de l’Alaska à pied (faisant référence à son aventure relatée dans son livre « Sous l’aile du grand Corbeau ») tout en côtoyant des indiens aussi, jusqu’à tomber amoureux d’une Indienne.

Je lui confiais mon amour pour ces peuples dû à mes origines mêlées au sang indien, et lui parlais d’une association, « Tchendukua«  fondée par Eric Julien, dont l’objectif principal est le rachat de « Terres » pour les offrir aux Indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie.

Ma surprise fut grande quand il me répondit qu’il le connaissait personnellement.

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Dans les pas de l'ours

Et c’est sur ces derniers mots qu’il me conseilla donc de lire: 

« Dans le Pas de L’Ours »

« Lorsqu’il quitte Barrow, point le plus septentrional des Etats-Unis, Emeric Fisset n’a qu’une idée en tête: traverser l’Alaska du nord au sud. Hors de toute piste humaine, il s’apprête à franchir 3500 Kilomètres de marécages, de forêts et de montagnes, à pied, à la rame et à skis. Chargé par un ours, encerclé par les loups, menacé par l’embâcle, il affronte la rude nature boréale et parvient à Cold bay, sur l’océan Pacifique, après dix mois d’efforts marqués par la faim, le froid et la solitude. Les villages isolés, aux prises avec la nuit hivernale ou animés par le renouveau estival, lui révèlent une population mêlée d’Inuit, d’Indiens, d’Aléoutes et de Blancs, qui s’adonne à la chasse et à la pêche et perpétue l’esprit alaskan. Une aventure engagée au coeur de la « Dernière frontière » américaine. »

Je pris donc ce livre en main et il me proposa gentiment d’apposer une dédicace, ce que je ne refusai pas. 

En rentrant chez moi, ce que j’ai lu, m’émut: 

Pour vous Rodrigo, qui avez du sang indien dans les veines, ce récit d’un voyage au pays des Athapascans

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Emeric fisset:Emeric Fisset

Né en 1962, Emeric Fisset s’est fait une spécialité des voyages en solitaire, sans liaison radio ni soutien logistique.

Après avoir parcouru l’Europe à pied et pédalé jusqu’en Inde, des voyages de deux ans chacun, il a traversé l’Alaska du nord au sud en 1990-1991, avant d’y retourner en 1994-1995.

Il a arpenté la péninsulte du Kamtchatka en 2005 et 2006.  

 

 

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Bonus

Coup de cœur: Voyage en occident

« Voyage en Occident » est un documentaire embarqué dans un bus de touristes chinois qui visitent, pour la première fois et au pas de course, 6 pays d’Europe en 10 jours.
Jeu de miroirs et de contrastes entre deux civilisations, ce road-movie déconstruit avec humour, poésie et intelligence les stéréotypes sur la classe moyenne émergente chinoise et met à nu les images que se font les Chinois de « nous », les Européens et Occidentaux.

A voir sans aucunes réserves. 

♥-Rodrigo-♥